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Nombres complexes - point de vue algebrique

En Premiere, on a surtout utilise les racines carrees de nombres negatifs dans les equations du second degre. Les nombres complexes donnent enfin un cadre propre pour travailler avec ces solutions "imaginaires". Ils permettent aussi de garder des regles de calcul simples, comme avec les nombres...

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Rappels de Premiere

En Premiere, on a surtout utilise les racines carrees de nombres negatifs dans les equations du second degre. Les nombres complexes donnent enfin un cadre propre pour travailler avec ces solutions "imaginaires". Ils permettent aussi de garder des regles de calcul simples, comme avec les nombres reels.

Pourquoi introduire les nombres complexes

On veut pouvoir resoudre des equations comme $x^2+1=0$, qui n'ont pas de solution dans $\mathbb{R}$. On introduit alors un nouvel objet, note $i$, verifiant $$i^2=-1.$$

Tout nombre complexe peut s'ecrire sous la forme $$z=a+ib$$ avec $a$ et $b$ reels. On dit que $a$ est la partie reelle de $z$ et $b$ sa partie imaginaire.

Cette ecriture permet de calculer avec les complexes comme avec des polynomes en gardant la relation $i^2=-1$.

Ecriture algebrique

L'ensemble des nombres complexes est note $\mathbb{C}$. On y definit l'addition, la multiplication et la soustraction en developpant normalement puis en remplacant $i^2$ par $-1$.

Deux complexes sont egaux si et seulement si leurs parties reelles et imaginaires sont egales.

Autrement dit, si $$a+ib=c+id,$$ alors $$a=c\quad\text{et}\quad b=d.$$

Calculer avec les complexes

Pour additionner ou soustraire, on regroupe les parties reelles et imaginaires :

$$ (a+ib)+(c+id)=(a+c)+i(b+d) $$

Pour multiplier, on developpe :

$$ (a+ib)(c+id)=ac+iad+ibc+ib\,id=(ac-bd)+i(ad+bc). $$

Le seul point delicat est le remplacement de $i^2$ par $-1$.

Exemple de calcul

On considere $$z=(2-3i)(1+4i).$$

On developpe :

$$z=2+8i-3i-12i^2.$$

Comme $i^2=-1$, on obtient $$z=2+5i+12=14+5i.$$

La partie reelle vaut donc 14 et la partie imaginaire vaut 5.

Critere de nullite

Un complexe $$z=a+ib$$ est nul si et seulement si :

$$a=0 \quad\text{et}\quad b=0.$$

Autrement dit, on annule separement la partie reelle et la partie imaginaire. C est le reflexe de base dans les equations complexes ecrites sous forme algebrique.

Conjugaison et inverse

La conjugaison est un outil central. Elle simplifie les calculs, permet de passer d'un complexe a son oppose imaginaire, et sert a calculer des modules ou des inverses plus facilement.

Conjugue

Le conjugue de $$z=a+ib$$ est $$\overline z=a-ib.$$

On change seulement le signe de la partie imaginaire.

Le conjugue d'un reel est lui-meme, car sa partie imaginaire est nulle.

Proprietes de la conjugaison

Pour tous complexes $z$ et $w$ :

  • $$\overline{z+w}=\overline z+\overline w$$
  • $$\overline{zw}=\overline z\,\overline w$$
  • $$\overline{z^n}=(\overline z)^n$$ pour tout entier naturel $n$
  • $$z\overline z=a^2+b^2$$ si $z=a+ib$

Ces proprietes se demontrent en developpant et en utilisant $i^2=-1$.

Caracterisation des reels et des imaginaires purs

Soit $z \in \mathbb{C}$. On a les equivalences :

  • $z \in \mathbb{R}$ si et seulement si $\overline z = z$.
  • $z$ est imaginaire pur (i.e. $z = ib$ avec $b \in \mathbb{R}$) si et seulement si $\overline z = -z$.

Demonstrations : Si $z=a+ib$, alors $\overline z=a-ib$.

  • $\overline z=z$ \iff $a-ib=a+ib$ \iff $b=0$ \iff $z \in \mathbb{R}$.
  • $\overline z=-z$ \iff $a-ib=-a-ib$ \iff $a=0$ \iff $z$ est imaginaire pur.

Ces caracterisations sont tres utiles pour determiner la nature d un complexe sans calculer explicitement ses parties reelles et imaginaires.

Inverse d'un complexe non nul

Si $$z=a+ib \neq 0,$$ alors son inverse s'obtient en multipliant en haut et en bas par le conjugue :

$$\frac{1}{z}=\frac{1}{a+ib}=\frac{a-ib}{a^2+b^2}.$$

On obtient ainsi une forme algebrique avec une partie reelle et une partie imaginaire explicites.

Rendre un denominateur reel

Pour simplifier une fraction du type $$\frac{1}{a+ib}$$ ou $$\frac{c+id}{a+ib},$$ on multiplie numerateur et denominateur par le conjugue du denominateur.

Exemple :

$$\frac{2+i}{1-3i}=\frac{(2+i)(1+3i)}{(1-3i)(1+3i)}=\frac{-1+7i}{10}=-\frac{1}{10}+\frac{7}{10}i.$$

Exemple avec conjugue et inverse

Soit $$z=3-2i.$$ Alors $$\overline z=3+2i$$ et

$$z\overline z=(3-2i)(3+2i)=9+4=13.$$

Donc

$$\frac{1}{z}=\frac{3+2i}{13}.$$

Cette forme est souvent plus utile que de garder une fraction avec un complexe au denominateur.

Proprietes utiles du conjugue

Pour tous complexes $$z$$ et $$w,$$ on a :

$$\overline{z+w}=\overline z+\overline w, \qquad \overline{zw}=\overline z\,\overline w.$$

Si $$z\ne0,$$ alors :

$$\overline{\frac1z}=\frac1{\overline z} \qquad \text{et} \qquad \overline{z^n}=\left(\overline z\right)^n.$$

Ces relations sont tres utiles pour simplifier un calcul ou verifier qu un resultat est reel.

Equations simples

Les complexes servent surtout a resoudre des equations qui n'ont pas de solution reelle. Le point important est de garder des methodes de calcul simples et systematiques.

Equation lineaire

Pour resoudre $$az=b,$$ avec $a \neq 0$, on utilise simplement l'inverse de $a$ :

$$z=\frac{b}{a}.$$

La methode est identique a celle des reels.

Equation du second degre a discriminant negatif

Si $$ax^2+bx+c=0$$ avec $a \neq 0$ et $$\Delta=b^2-4ac<0,$$ il n'y a pas de solution reelle, mais il y a deux solutions complexes conjuguees :

$$x=\frac{-b\pm i\sqrt{-\Delta}}{2a}.$$

Les solutions viennent toujours par paire conjuguee quand les coefficients sont reels.

Equations avec conjugue

Une equation faisant intervenir $z$ et $\overline z$ se traite souvent en ecrivant $$z=x+iy,$$ avec $x$ et $y$ reels, puis en identifiant les parties reelles et imaginaires.

Cette technique permet de ramener le probleme a un systeme de deux equations reelles.

Passer de z a x+iy

Quand une equation utilise $z$, $\overline z$ et des produits, on pose presque toujours :

$$z=x+iy \quad\text{et}\quad \overline z=x-iy.$$

On remplace ensuite partout puis on identifie partie reelle et partie imaginaire.

Exemple guide

Resoudre $$z+\overline z=6$$ et $$z\overline z=13.$$

On pose $$z=x+iy.$$ Alors $$z+\overline z=2x=6,$$ donc $$x=3.$$

Ensuite $$z\overline z=x^2+y^2=13,$$ donc $$9+y^2=13$$ et $$y^2=4.$$ Ainsi $$y=2$$ ou $$y=-2.$$

Les solutions sont donc $$z=3+2i$$ et $$z=3-2i.$$

Binome et calculs usuels

La formule du binome permet de calculer des puissances de sommes complexes sans developper a la main trop longtemps. Elle reste un outil fondamental pour les calculs techniques.

Formule du binome

Pour tous complexes $u$ et $v$ et tout entier naturel $n$, on a :

$$ (u+v)^n=\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k}u^{n-k}v^k.$$

Cette formule est identique a celle des reels.

Puissances de i

Les puissances de $i$ suivent un cycle de periode 4 :

$$i^0=1,\quad i^1=i,\quad i^2=-1,\quad i^3=-i,\quad i^4=1.$$

Donc toute puissance de $i$ se reduit immediatement en fonction du reste de la division par 4.

Calculer une puissance de complexe

Pour calculer $$(1+i)^n,$$ on peut utiliser le binome, ou plus tard la forme trigonometrique. En point de vue algebrique, on developpe en gardant seulement $1$ et $i$ comme bases.

Pour les petites puissances, le developpement direct suffit.

Exemple de binome

Calculons $$ (1+i)^2.$$

$$ (1+i)^2=1+2i+i^2=2i.$$

Puis $$ (1+i)^4=(2i)^2=-4.$$

On voit que les puissances peuvent prendre des formes tres simples apres reduction.

Synthese algebrique

Cette synthese rassemble uniquement les points a savoir manipuler rapidement en calcul algebrique.

A retenir

  • $$z=a+ib$$ avec $a, b \in \mathbb{R}$
  • $$\overline z=a-ib$$
  • $$z\overline z=a^2+b^2$$
  • $$\frac{1}{a+ib}=\frac{a-ib}{a^2+b^2}$$ si $a+ib \neq 0$
  • $$i^2=-1$$ et $i^4=1$
  • Si les coefficients sont reels, les solutions complexes viennent par conjugaison

QCM du chapitre

  1. Question 1. Quelle est la partie imaginaire de $z=5-3i$ ?

    • A. 5
    • B. -3
    • C. 3
    • D. -5

    Réponse. B. -3

    Explication. Dans $a+ib$, la partie imaginaire est le coefficient de $i$, ici -3.

  2. Question 2. Combien vaut $i^7$ ?

    • A. i
    • B. -i
    • C. 1
    • D. -1

    Réponse. B. -i

    Explication. Les puissances de i sont periodiques de periode 4. Comme 7 = 4 + 3, on a $i^7=i^3=-i$.

  3. Question 3. Le conjugue de $2+5i$ est :

    • A. 2-5i
    • B. -2+5i
    • C. 5+2i
    • D. -2-5i

    Réponse. A. 2-5i

    Explication. On change seulement le signe de la partie imaginaire.

  4. Question 4. Si $z=3-4i$, alors $z\overline z$ vaut :

    • A. 1
    • B. 7
    • C. 12
    • D. 25

    Réponse. D. 25

    Explication. $z\overline z=3^2+(-4)^2=9+16=25$.

  5. Question 5. L'equation $z^2+1=0$ a dans $\mathbb{C}$ :

    • A. une seule solution
    • B. deux solutions conjuguees
    • C. aucune solution
    • D. trois solutions

    Réponse. B. deux solutions conjuguees

    Explication. $z^2=-1$ donne $z=\pm i$, donc deux solutions conjuguees.

  6. Question 6. Pour calculer $\frac{1}{2-i}$, la bonne methode est :

    • A. diviser directement par 2
    • B. multiplier par le conjugue du denominateur
    • C. ecrire $i=0$
    • D. prendre la partie reelle seulement

    Réponse. B. multiplier par le conjugue du denominateur

    Explication. On multiplie numerateur et denominateur par le conjugue pour rendre le denominateur reel.

Exercices guidés

Exercice 1. Resoudre une equation avec conjugue

Resoudre dans $\mathbb{C}$ le systeme $$\begin{cases} z+\overline z=4 \\ z\overline z=5 \end{cases}.$$
z+\overline z=4, \quad z\overline z=5
  1. Étape 1. Poser $z=x+iy$.

    On ecrit $$z=x+iy$$ avec $x,y \in \mathbb{R}$. Alors $$\overline z=x-iy.$$
  2. Étape 2. Utiliser la premiere equation.

    On a $$z+\overline z=2x=4,$$ donc $$x=2.$$
  3. Étape 3. Utiliser la seconde equation.

    Comme $$z\overline z=x^2+y^2,$$ on obtient $$4+y^2=5,$$ donc $$y^2=1$$ et $$y=1$$ ou $$y=-1.$$
  4. Étape 4. Conclure.

    Les solutions sont $$z=2+i$$ et $$z=2-i.$$

Exercice 2. Simplifier une fraction complexe

Mettre sous forme algebrique $$\frac{3+2i}{1-i}.$$
\frac{3+2i}{1-i}
  1. Étape 1. Multiplier par le conjugue du denominateur.

    $$\frac{3+2i}{1-i}=\frac{(3+2i)(1+i)}{(1-i)(1+i)}.$$
  2. Étape 2. Developper le numerateur.

    $$(3+2i)(1+i)=3+3i+2i+2i^2=1+5i.$$
  3. Étape 3. Simplifier le denominateur.

    $$(1-i)(1+i)=1-i^2=2.$$
  4. Étape 4. Ecrire le resultat.

    Donc $$\frac{3+2i}{1-i}=\frac{1+5i}{2}=\frac{1}{2}+\frac{5}{2}i.$$

Exercice 3. Resoudre une equation lineaire complexe

Resoudre dans $\mathbb{C}$ l equation $$(2-i)z=5+i.$$
(2-i)z=5+i
  1. Étape 1. Isoler $$z$$.

    Comme $$2-i\neq 0,$$ on peut ecrire $$z=\dfrac{5+i}{2-i}.$$
    z=\dfrac{5+i}{2-i}
  2. Étape 2. Rendre le denominateur reel.

    On multiplie en haut et en bas par le conjugue $$2+i$$ : $$z=\dfrac{(5+i)(2+i)}{(2-i)(2+i)}.$$
  3. Étape 3. Developper.

    On obtient $$ (5+i)(2+i)=9+7i$$ et $$ (2-i)(2+i)=5.$$ Donc $$z=\dfrac{9+7i}{5}. $$
    z=\dfrac95+\dfrac75 i

Exercice 4. Calculer $(1-i)^5$

Calculer $$(1-i)^5$$ et donner le resultat sous forme algebrique.
(1-i)^5
  1. Étape 1. Calculer le carre.

    On a $$ (1-i)^2=1-2i+i^2=-2i.$$
    (1-i)^2=-2i
  2. Étape 2. En deduire la quatrieme puissance.

    Alors $$ (1-i)^4=((1-i)^2)^2=(-2i)^2=-4.$$
    (1-i)^4=-4
  3. Étape 3. Conclure.

    On obtient $$ (1-i)^5=(1-i)^4(1-i)=-4(1-i)=-4+4i.$$
    (1-i)^5=-4+4i

Exercice 5. Retrouver un complexe avec son conjugue

Determiner le complexe $$z$$ sachant que $$\begin{cases} z+\overline z=6 \\ z-\overline z=4i \end{cases}.$$
z+\overline z=6,\quad z-\overline z=4i
  1. Étape 1. Poser $$z=x+iy$$.

    On ecrit $$z=x+iy$$ et $$\overline z=x-iy$$ avec $$x,y\in\mathbb R.$$
  2. Étape 2. Utiliser la premiere relation.

    On a $$z+\overline z=2x=6,$$ donc $$x=3.$$
    x=3
  3. Étape 3. Utiliser la seconde relation et conclure.

    On a $$z-\overline z=2iy=4i,$$ donc $$y=2.$$ Finalement $$z=3+2i.$$
    z=3+2i